fbpx

🗞 ƒuvrer pour la paix : comment Nelson Mandela a apportĂ© de l’harmonie en Afrique du Sud

Enfant, il aimait l’harmonie qu’il trouvait dans la nature. Il a aussi appris que pour gagner il n’est pas toujours nĂ©cessaire d’avoir le plus grand bĂąton.

Il y a cent ans, un jeune garçon a grandi dans un petit village rempli de huttes multicolores et rondes, comme des ruches, dans une vallĂ©e verdoyante situĂ©e dans la pointe sud de l’Afrique. DĂšs l’ñge de 5 ans, sur les collines avoisinantes, il gardait les vaches et les moutons appartenant Ă  sa famille.

Ses parents l’ont appelĂ© Rolihlahla, c’est-Ă -dire “le fauteur de troubles”. Peut-ĂȘtre ont-ils pressenti quelque chose en choisissant son prĂ©nom ? En effet, plus tard il causera beaucoup d’ennuis Ă  certaines personnes ayant de mauvaises idĂ©es !

La campagne oĂč « le fauteur de troubles » a grandi. © AFP/Rodger Bosch

Rolihlahla a appris Ă  vivre heureux dans la nature – il est tombĂ© amoureux de l’immense ciel bleu, de la rĂ©colte de fruits, ou encore du miel fabriquĂ© par les abeilles sauvages.

Il s’amusait Ă  nager dans des ruisseaux froids ou Ă  glisser sur des rochers lisses que ses amis appelaient les « montagnes russes ». Pour eux, pas besoin d’aller dans un parc d’attractions !

Entre dans le monde de Rolihlahla en regardant cette vidĂ©o Ă  360 degrĂ©s et dĂ©place ton curseur pour dĂ©couvrir le paysage. Rejoins les garçons sur leurs « montagnes russes Â» naturelles !
Les combats de bĂątons

Mais il y avait aussi des choses sĂ©rieuses dans son enfance. Sa famille devait se nourrir et Rolihlahla a appris Ă  chasser. Il chassait les oiseaux Ă  l’aide d’une fronde, un simple morceau de cuir qui lui permettait de lancer des pierres. Il attrapait aussi des poissons au moyen de hameçons qu’il se fabriquait lui-mĂȘme.

Mais son jeu favori Ă©tait le combat de bĂątons. Il apprit que pour gagner il ne fallait pas forcement ĂȘtre le plus grand ou le plus fort, ou encore avoir le plus grand bĂąton. Il fallait plutĂŽt anticiper ce que son adversaire ferait ensuite – et aussi bien connaĂźtre ses propres qualitĂ©s. 

Rolihlahla apprit aussi autre chose, qui sera dĂ©terminant pour lui plus tard. Un jour, avec ses amis, ils se relayaient pour monter sur un Ăąne dans leur village. L’animal devenait de plus en plus grincheux. Au moment oĂč Rolihlahla grimpa sur son dos, l’ñne en avait assez : il courut quelques mĂštres puis s’arrĂȘta brusquement et notre hĂ©ros fut Ă©jectĂ© de sa monture et tomba dans un buisson Ă©pineux. Ce jour-lĂ , ses amis rirent et se moquĂšrent beaucoup de lui !

Rolihlahla s’est senti humiliĂ© et ridicule quand l’ñne l’a Ă©jectĂ©.

Rolihlahla se sentit humiliĂ©, car il pensa qu’il avait l’air idiot. Et ça lui a fait plus mal que les bleus qu’il s’était faits aux genoux. A partir de ce moment-lĂ , il a essayĂ© de ne plus jamais embarrasser et humilier les autres. Par exemple, quand il gagnait un combat, il disait toujours que son adversaire s’était bien battu. Il a compris que quand on se sent humiliĂ© on a souvent envie de se venger.

Il devient Nelson

Plus tard, le jeune garçon intelligent a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  l’école dans une grande ville, pour apprendre plus que dans son village. Il dut alors parler anglais et pas la langue de sa famille, appelĂ© le xhosa.

Écoute cette cĂ©lĂšbre chanson en xhosa. Entends-tu des sons inhabituels ?

Sa premiĂšre enseignante donna Ă  Rolihlahla un prĂ©nom anglais : Nelson. Il devint Nelson Mandela.

MĂȘme s’il apprit beaucoup dans des livres Ă  lâ€˜Ă©cole, Nelson a aussi beaucoup appris en observant autour de lui. Par exemple, il a remarquĂ© que les membres de sa tribu dĂ©battaient des questions importantes pour leur communautĂ©. De cette maniĂšre, chacun pouvait s’exprimer et chacun Ă©tait Ă©coutĂ©. Les dĂ©cisions prises Ă©taient OK pour tout le monde. C’est ce qu’on appelle un consensus. De cette maniĂšre, personne ne se sent humiliĂ© ou forcĂ© Ă  faire quelque chose qui ne lui convient pas.

GrĂące Ă  son intelligence, Nelson a mĂȘme pu aller Ă  l’universitĂ©, ce qui n’était pas frĂ©quent Ă  son Ă©poque. Il y a appris un nouveau sport, la boxe. Comme dans le combat de bĂątons, il comprit que dans la boxe, il est important de comprendre son adversaire, pour ne pas gaspiller ses forces, d’ĂȘtre patient et de choisir le bon moment pour riposter.

Le problĂšme entre les Noirs et les Blancs

À l’universitĂ©, Nelson Ă©tait diffĂ©rent de la plupart des autres jeunes gens parce qu’il avait la peau noire. Pourtant, la plupart des gens en Afrique ont la peau noire. Mais dans le pays de Nelson, l’Afrique du Sud, un petit nombre de personnes Ă  la peau blanche possĂ©daient presque tout. Leurs familles venaient d’Europe et ils parlaient principalement anglais ou une forme du hollandais appelĂ© l’afrikaans.

Nelson est devenu avocat pour aider Ă  dĂ©fendre les Noirs. Il a organisĂ© des manifestations, en particulier lorsque le gouvernement a mis en place de nouvelles lois pour concentrer le pouvoir et l’argent dans les mains des Blancs.

Ces lois ont Ă©tĂ© appelĂ©es l’« apartheid », ce qui signifie sĂ©paration en hollandais. C’était, par exemple, illĂ©gal pour les Blancs et les Noirs de tomber amoureux. Ou encore, les Noirs ne pouvaient pas utiliser certaines choses qui Ă©taient rĂ©servĂ©es aux Blancs, comme certains magasins, les autobus, les plages ou mĂȘme les bancs au parc public.

Un panneau montrant une plage réservée uniquement aux Blancs.
La contre-attaque

Nelson et ses amis ont alors organisĂ© des manifestations. Pour cela, ils se sont inspirĂ©s de l’Inde oĂč d’importantes protestations non-violentes avaient Ă©tĂ© organisĂ©es par un homme qui s’appelait le Mahatma Gandhi.

Malheureusement, en Afrique du Sud, le gouvernement n’a pas Ă©coutĂ© les paroles des manifestants et ils ont interdit ces protestations. La police a tuĂ© de nombreuses personnes. Alors, Nelson a perdu patience. Avec ses amis, il a dĂ©cidĂ© d’utiliser la violence pour riposter. Ils ont essayĂ© de ne blesser personne, mais de rendre la vie difficile pour le gouvernement en dĂ©truisant certaines choses comme des lignes Ă©lectriques.

Peu de temps aprĂšs, Nelson a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©, puis jugĂ©. Il n’a pas niĂ© ses actes, mais il a expliquĂ© que pour lui, les vrais criminels Ă©taient en rĂ©alitĂ© les membres du gouvernement d’apartheid.

Il a dit qu’il Ă©tait contre la domination des Blancs mais aussi contre la domination des Noirs. Et qu’il continuerait de se battre pour crĂ©er un pays oĂč « tous vivraient ensemble en harmonie ».

Nelson Mandela est emmené en prison.
Apprendre en prison

Nelson et ses amis ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  la prison Ă  vie. Pendant de nombreuses annĂ©es, Nelson a Ă  peine vu ou entendu parler de sa famille. Le gouvernement voulait que les gens l’oublient.

C’était trĂšs dur, mais Nelson Ă©tait patient. Et tout comme ce jeune garçon intelligent qui se battait avec des bĂątons ou faisait de la boxe, il en a profitĂ© pour en apprendre davantage sur son adversaire.

Les gardes Blancs de la prison croyaient tous en l’apartheid. Nelson a appris Ă  parler leur langue, l’afrikaans. Il a appris Ă  comprendre les espoirs et les craintes de ses gardes et de leurs familles. Beaucoup de gardes ont fini par l’apprĂ©cier et ont essayĂ© de l’aider, en lui donnant par exemple du papier et des stylos, afin qu’il puisse Ă©crire.

« Aidez-nous Â»

Pendant prĂšs de 30 ans, alors que Nelson vieillissait en prison, la situation en Afrique du Sud se dĂ©gradait. Il y avait de plus en plus de violence et les entreprises appartenant aux Blancs Ă©taient en difficultĂ©. À l’étranger, des pays riches ont cessĂ© de travailler avec l’Afrique du Sud pour protester contre l’apartheid.

Finalement, des membres du gouvernement sont venus demander de l’aide Ă  Nelson. Ils lui ont promis de lui rendre sa libertĂ© s’il les aidait Ă  sortir de la crise. Nelson a refusĂ©.

Nelson a expliquĂ© qu’il accepterait d’aider le gouvernement seulement si tout le monde en Afrique du Sud, Blancs et Noirs, obtenaient les mĂȘmes droits. Et si des Ă©lections libres Ă©taient organisĂ©es. MĂȘme si le gouvernement avait tentĂ© de l’affaiblir pendant toutes ces annĂ©es de prison, Nelson connaissait ses forces. Le gouvernement a acceptĂ© de discuter avec lui les demandes de Nelson.

Faire ses lacets

Pour l’une de ses premiĂšres rencontres avec le prĂ©sident Blanc d’Afrique du Sud, Nelson a pu Ă©changer ses vĂȘtements de prison pour un costume, une cravate et des chaussures en cuir.

Alors que la rĂ©union Ă©tait sur le point de commencer, une personne s’est agenouillĂ©e pour lui faire ses lacets. Nelson portait des sandales de prison depuis si longtemps qu’il avait oubliĂ© de nouer des lacets ! Cependant, il n’avait pas oubliĂ© comment gagner un combat.

Pas une revanche, mais un arc-en-ciel

Le gouvernement blanc a finalement acceptĂ© de donner le droit de vote Ă  tout le monde et de libĂ©rer Nelson et tous ses amis. Beaucoup de Blancs Ă©taient terrifiĂ©s que les Noirs prennent leur revanche et qu’ils cherchent Ă  les tuer pour leur prendre leurs maisons. Quelques Noirs en avaient d’ailleurs l’intention.

Mais, mĂȘme aprĂšs avoir passĂ© prĂšs de la moitiĂ© de sa vie en prison, Nelson s’y est opposĂ©. Il s’en est tenu Ă  ce qu’il avait dit au juge, que tous les Sud-Africains, de toutes les couleurs de peau, devaient vivre ensemble en paix. Il a dĂ©clarĂ© que ce serait la nation arc-en-ciel.

La “nation arc-en-ciel” de Mandela a choisi un nouveau drapeau pour l’Afrique du Sud.
Leçons d’enfance

Nelson n’a jamais oubliĂ© ce qu’il a appris quand il Ă©tait enfant. Le jeune Rolihlahla aimait tant la nature dont les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments vivent ensemble en harmonie.

“C’est dans les champs que j’ai appris Ă  attraper des oiseaux avec une fronde, Ă  rĂ©colter du miel sauvage, des fruits et des racines comestibles, Ă  boire du lait chaud et sucrĂ© des pis d’une vache, Ă  nager dans les ruisseaux froids, et Ă  attraper des poissons avec de la ficelle.”

Nelson Mandela

Il n’a pas oubliĂ© ce qu’il a appris quand il est tombĂ© de l’ñne et que les autres se sont moquĂ©s de lui. Il ne faut jamais humilier son adversaire. 

Il n’a pas oubliĂ© son peuple, qui avait souffert pendant de nombreuses annĂ©es. Mais il n’a pas oubliĂ© non plus ce qu’il avait appris de ses gardiens de prison, qui eux aussi voulaient vivre en paix.

Faire la paix

Beaucoup de Noirs ont Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©s qu’aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident, Nelson Mandela ait nommĂ© non seulement des Noirs pour l’aider, mais aussi certains des Blancs qui l’avaient gardĂ© en prison pendant toutes ces annĂ©es.

Nelson disait que, mĂȘme s’il ne fallait pas oublier le passĂ©, il faut faire la paix avec ses adversaires, sinon on risque de rester piĂ©ger dans le passĂ© et de continuer Ă  se bagarrer sans fin.

Regarde Nelson Mandela recevoir le prix Nobel de la paix Ă  Oslo – aux cĂŽtĂ©s de FW de Klerk, le prĂ©sident blanc qui a nĂ©gociĂ© avec lui la fin de l’apartheid.
Prix Nobel de la Paix

Sa vie et ses idĂ©es font de Nelson Mandela l’une des personnes les plus cĂ©lĂšbres Ă  avoir reçu le Prix Nobel de la Paix. Et comme chez WoW! nous passons notre Ă©tĂ© Ă  nous prĂ©parer pour la JournĂ©e Internationale de la Paix du 21 septembre, son histoire nous semble une belle façon de commencer notre sĂ©rie sur les « artisans de la paix », qui se poursuivra le mois prochain.

Nelson Mandela a accompli des choses extraordinaires (bien qu’il ait lui-mĂȘme toujours dit qu’il Ă©tait juste un homme ordinaire qui a fait des erreurs, mais qui a essayĂ© de faire de son mieux dans les moments difficiles). Comme lui, nous pouvons tous ĂȘtre des artisans de la paix dans notre vie quotidienne.

Y a-t-il quelque chose que tu as appris sur Nelson Mandela qui pourrait t’ĂȘtre utile ? Peut-ĂȘtre mieux Ă©couter les autres ? Ou bien ĂȘtre patient ?

Si tu as aimĂ© en apprendre davantage sur lui, ne manque pas la prochaine histoire dans notre sĂ©rie de l’étĂ©. Et parles-en Ă  tes amis !

Le savais-tu ?

L’apartheid Ă©tait un systĂšme terrible qui nous semble choquant aujourd’hui. Imagine : pour les gens Ă  la peau foncĂ©e, comme ils ne savaient pas s’ils Ă©taient lĂ©galement Noirs ou Blancs, il y avait le test du crayon. Un crayon Ă©tait mis dans les cheveux et il fallait secouer la tĂȘte. Si le crayon ne tombait pas, cela signifiait que les cheveux Ă©taient faits de boucles compactes comme ceux d’un Africain et donc cette personne Ă©tait considĂ©rĂ©e comme Noire. Elle devait alors se plier aux rĂšgles terribles de l’apartheid.

Un problĂšme ?

Il y a 30 ans, Nelson Mandela a patiemment fait pression, surtout de maniĂšre pacifique, pour forcer la minoritĂ© blanche d’Afrique du Sud Ă  accorder des droits Ă©gaux Ă  la majoritĂ© noire. Mais certains Blancs voulaient se battre pour arrĂȘter ces changements et certains Noirs voulaient se battre pour forcer les Blancs Ă  quitter le pays.

Une solution !

Nelson Mandela a rĂ©ussi Ă  convaincre les Sud-Africains de se rassembler en une 
« nation arc-en-ciel ». Enfant, il a appris Ă  ne pas humilier un adversaire vaincu et plus tard il a tendu la main aux Blancs*. En 1993, il a partagĂ© le Prix Nobel de la Paix avec le dernier prĂ©sident blanc d’Afrique du Sud. L’annĂ©e suivante, il deviendra le premier prĂ©sident noir de son pays.

* Dans ce moment historique, le prĂ©sident Mandela prĂ©sente la Coupe du Monde de Rugby 1995 au capitaine de l’équipe sud-africaine. Historiquement, le rugby Ă©tait principalement jouĂ© par les Blancs et la plupart des Sud-Africains noirs ignorait l’équipe nationale, appelĂ©e les Springboks. Mais Mandela a encouragĂ© la « nation arc-en-ciel Â» Ă  soutenir les joueurs de rugby blancs et c’est il a portĂ© le maillot vert des Springboks pour prĂ©senter la Coupe.

Les articles pour les adultes

Cet article fait partie de notre sĂ©rie d’Ă©tĂ©, inspirĂ©e par la paix. Pour lire plus sur notre partenariat pour la JournĂ©e Internationale de la Paix avec l’Institut Jane Goodall et Roots & Shoots, cliquez ici.

Il y a de nombreux articles sur Nelson Mandela, comme cette éloquente oraison funÚbre publiée en 2013 par le journal belge, Le Soir.

Pour plus de dĂ©tails sur les souvenirs de Nelson Mandela de son enfance dans la campagne sud-africaine, vous pouvez vous plonger dans son autobiographie : Un Long Chemin vers la LibertĂ©.

Il y a d’excellentes ressources pour enfants sur le site du Prix Mondial des Enfants, dont Nelson Mandela Ă©tait mĂ©cĂšne. Comme cette bande dessinĂ©e sur sa vie, appelĂ©e The Black Pimpernel, ou encore ses propres rĂ©cits pour enfants : Les Enfants pendant l’Apartheid.

VoilĂ  comment l’apartheid Ă©tait expliquĂ© aux informations en France dans les annĂ©es 50.

Le film Invictus raconte l’histoire de la coupe du Monde de rugby de 1995. Pour les abonnĂ©s Ă  Netflix, il est disponible en ce moment.

FILM : INVICTUS

Et enfin, voici un dessin animĂ© pour enfants sur la vie de Mandela :

Alastair editor of WoW!

Reportage

Alastair

alastair@wow-news.eu

Traduction

Emmanuelle

emma@wow-news.eu

Production

Agathe

agathe@wow-news.eu

Partager

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on telegram

SÂŽabonner gratuitement