🔊 Aïssatou, une jeune voix en Afrique

Clarisse & Alastair découvrent l’histoire d’Aïssatou

Transcription podcast – 26 avril, 2020

A – Bonjour Clarisse, comment vas-tu ? Ce méchant coronavirus fait encore parler de lui… Ici, à Bruxelles, on compte chaque semaine : ça fait plus de … jours que l’on est confiné à la maison !

C – Salut Alastair ! Ça va bien, merci. Notre patience devient notre meilleure amie dans ce genre de situation ! Mais on fait partie des chanceux : on est en bonne santé, ça c’est positif, et j’essaie de me le rappeler de temps en temps pour rester forte pendant le confinement.

Bref, en tout cas, vacances de Pâques ou non, le méchant coronavirus n’a pas l’air d’avoir peur des lapins ou des poules en chocolat…alors on reste chez soi et l’école continue à la maison…

A – [Soupir] Ah…l’école sans voir ses amis et sans son maître ou sa maîtresse pour te guider, pas tous les jours facile ! Et puis, sans la cour de récré aussi…

C – Haha, la récré dans le salon c’est sûr c’est différent ! L’école à la maison, c’est une solution temporaire pour lutter contre le Covid19 mais c’est aussi un bon moyen de se rendre compte de ce qui nous manque le plus. Finalement, quand on rentre de l’école, on ne ramène pas que des devoirs dans notre cartable : on ramène des bons souvenirs, des histoires à raconter…Et puis, tout un tas de nouvelles connaissances qui nous aideront à grandir et à trouver le métier qu’on voudrait faire plus tard !

A – …et malgré tous ces avantages, certains enfants ne vont pas à l’école…

C – Oui, c’est vrai Alastair. Ailleurs, sur cette même planète, certains enfants sont privés d’école pour de multiples raisons. Et la plupart de ces enfants sont des filles, c’est extrêmement injuste. C’est pour ça que des jeunes filles comme Malala se battent pour défendre leurs droits à l’éducation. Malala, tu te souviens d’elle Alastair ?

A – Bien sûr, je me souviens de son histoire ! On en a parlé dans l’épisode…15… Au Pakistan, des hommes ont interdit à toutes les filles d’aller à l’école. Et Malala ne s’est pas laissée faire…

C – Quelle mémoire ! Eh bien, aujourd’hui, je vais te présenter une nouvelle héroïne de l’éducation : elle s’appelle Aïssatou et vit en Afrique. Virginie, la fondatrice du Sens de l’École, l’a interviewée. Regarde sa vidéo exclusive sur le site de WoW!, elle a un message spécial à te faire passer… Aïssatou n’a que 13 ans et tu verras, elle a quelques points communs avec Malala…

A – … Elle aussi se bat pour que les filles puissent aller à l’école ?

C – Oui, Aïssatou encourage elle aussi les filles à aller à l’école. Mais dans son pays, elle doit affronter un autre problème…

A – Un autre problème… Lequel ?

C – Dans son pays, en Guinée, il n’est pas rare que des jeunes filles soient mariées de force. Quand des enfants sont mariés avant l’âge légal prévu par la loi – en Guinée, c’est 18 ans – et bien on appelle ça un mariage précoce. C’est illégal, personne ne devrait avoir le droit de marier des jeunes enfants. Et pourtant dans le monde, toutes les 7 secondes, une jeune fille de moins de 15 ans est mariée de force…Et ça n’arrive pas qu’en Afrique, des pays d’Asie sont aussi concernés par ce grave problème, comme l’Inde par exemple.

A – C’est terrible ! D’après mes recherches, l’UNICEF, (une agence des Nations Unies chargée de défendre les droits des enfants dans le monde) a estimé que chaque année, 12 millions de filles seraient mariées alors qu’elles ne sont que des enfants…

C – C’est exactement ce problème que Aïssatou veut résoudre. Sa mission : protéger les jeunes filles en empêchant les mariages précoces dans sa région.

A – Si c’est interdit Clarisse, pourquoi des enfants continuent à être mariés de force ?

C – Bonne question… mais pas facile d’y répondre… Beaucoup de raisons se mélangent. Certaines sont culturelles, d’autres religieuses ou encore économiques… Pour faire simple, c’est surtout dans les pays pauvres que ces mariages ont lieu. Les parents n’ont pas toujours les moyens de nourrir leur fille. Ils pensent que la seule solution pour la sauver, c’est de la donner en mariage. Et ce type de mariage précoce existe depuis si longtemps que c’est devenu une sorte de tradition. Les parents se laissent influencer par la famille et les proches. Personne n’ose remettre en question ce genre de mariage, de peur d’être critiqué, même si parfois, les adultes savent au fond de leur cœur que ce n’est pas bon. Quoi qu’il en soit, toutes ces raisons font beaucoup de mal aux enfants, c’est important de stopper ça. Et la meilleure solution pour résoudre le problème, c’est l’école !

A – Pourquoi as-t-elle choisi de défendre cette cause en particulier ? 

C – L’une de ses camarades de classe a été mariée, elle est ensuite tombée enceinte. Elle a donc été obligée d’abandonner l’école pour s’occuper de son enfant. Aïssatou ne comprenait pas pourquoi… Elle trouvait ça injuste et se rendait compte que les garçons eux n’étaient pas autant concernés par ce problème. Impossible de rester là sans rien faire, il fallait qu’elle trouve des réponses à ses questions.

A – Mais comment ?  

C – Elle a rencontré le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée, une association de son pays qui lutte contre les mariages forcés dans tout le pays. Elle a posé beaucoup de questions, c’est comme ça qu’elle a appris beaucoup de choses…

A – Par exemple ?

C – Que par exemple, le mariage précoce était très dangereux pour la santé de la jeune fille. Dans la plupart des cas, le mariage est suivi de la naissance d’un enfant. Être enceinte si jeune, c’est très risqué, cela peut provoquer de graves problèmes de santé !  

Et une fois que le bébé est né, la jeune fille devient déjà maman alors qu’elle n’a pas eu le temps d’être enfant ! Impossible pour elle de continuer l’école, elle doit s’occuper de son petit. Elle se retrouve seule, sans connaissance et ne peut plus voir ses camarades de classe comme avant. Plus tard, ce sera plus difficile pour elle de trouver un travail. Comme le dit Aïssatou, l’école c’est le lieu de l’éducation, c’est là où on reçoit les clés de la réussite. Si on est privé d’école, c’est très grave pour notre futur.

A – Il y a des études qui le prouvent d’ailleurs : lorsque les jeunes filles finissent leurs études, elles peuvent décider de leur avenir. Elles ont alors plus de chance de vivre en bonne santé et de sortir leur famille de la pauvreté. L’école c’est la meilleure solution pour en finir avec les mariages précoces.

Ce n’est pas un combat facile, comment fait Aïssatou pour convaincre les jeunes filles ?   

C- Elle a décidé de faire partie de l’association en rejoignant plus de 500 jeunes filles déjà engagées à travers tout le pays. Pour elle, c’est ensemble qu’elles réussiront à battre ce problème de mariage précoce.

Ça lui est déjà arrivé d’aller chercher une future mariée en pleine rue pour la sauver. Il n’y qu’à le voir pour le croire : regarde le documentaire Demain est à Nous, on voit Aïssatou et d’autres enfants changer le monde !

A – Wow, elle est vraiment déterminée

C – Comme Malala, lorsqu’elle n’est pas à l’école, Aïssatou utilise sa voix pour se faire entendre. Elle informe les autorités comme la police, part à la rencontre des jeunes filles de sa région pour les prévenir des dangers du mariage précoce et pourquoi c’est si important d’aller à l’école. Elle n’hésite pas à prendre un haut-parleur au beau milieu d’un marché pour faire passer son message.

A – Elle n’a pas peur de recevoir des remarques négatives des adultes ?

C – En plus d’être courageuse, Aïssatou est très forte. Elle reçoit des menaces et des commentaires très méchants. Au fond d’elle, elle sait que ce que les gens disent n’est pas vrai. Elle n’a que 13 ans mais connaît bien les dangers du mariage précoce. Dans ces moments un peu durs, elle repense à son objectif : faire tout ce qui en son pouvoir pour que dans 10 ans, ces mariages précoces n’existent plus dans son pays. Et devine quel métier elle aimerait faire plus tard, Alastair ?

A – Hmmm, est-ce qu’elle n’aurait pas l’âme d’une journaliste, comme moi ?

C – Bien vu, elle veut devenir journaliste internationale ! Elle veut changer le monde en informant le plus grand nombre de personne et faire évoluer la façon de penser des gens pour rendre le monde plus égalitaire.

A – Et je suis sûre qu’elle va briller, elle a de beaux talents en communication !

C – Et elle a un très beau rêve aussi : celui de construire de grandes écoles avec des bibliothèques, des salles de jeux, et même des terrains de sport où les jeunes filles pourront être heureuses et avoir une formation de qualité ! En attendant que ses efforts paient, aux côtés de jeunes filles du Club, elles ont réussi à dénoncer beaucoup de mariages précoces et à sauver plusieurs dizaines de jeunes filles. Si on rassemble les efforts d’autres acteurs, c’est 25 millions de mariages d’enfants qui ont été évités dans les dix dernières années.

A – Le progrès s’accélère et ça c’est très bon signe !

C – Merci Aïssatou de contribuer à ce progrès ! Alastair, rendez-vous la semaine prochaine !

Faire un geste pour la planète c’est aussi aider sa communauté, dans sa ville ou son village. En combattant les mariages précoces, Aïssatou aide les jeunes filles à être plus heureuses et en meilleure santé. Encore la preuve qu’il n’y pas seulement les grandes personnes qui peuvent faire quelque chose pour rendre le monde meilleur !

J’ai imaginé un petit défi pour te permettre de l’aider, toi aussi, si tu en as envie. Après avoir écouté ce podcast et regardé la vidéo d’Aïssatou sur le site de WoW!, quel petit message aimerais-tu lui écrire ou quel dessin pourrais-tu faire pour lui donner de l’énergie ? Je t’en fais la promesse, l’équipe WoW! et Virginie, du Sens de l’École se chargeront de transmettre ton texte directement à Aïssatou ! Oh la chance !

Vite, envoie-le par mail à l’adresse info@wow-news.eu. Pour ne faire aucune erreur, l’adresse est en copie dans le descriptif.

Partage ce podcast à tes copains et copines, je suis sûre qu’Aïssatou pourra les inspirer.

Merci et à bientôt…

Clarisse

Clarisse

Alastair editor of WoW!

Alastair

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